Victime d'une entorse à la cheville, le 10 octobre dernier, sur la
pelouse de Châteauroux, Matheus Vivian a retrouvé le cour de la défense
messine à l'occasion du déplacement à Clermont-Ferrand. Le Brésilien ne
s'inquiète pas quant à l'avenir, et pense que le déplacement à Lyon
arrive au bon moment.
Matheus,à froid, quel regard portez-vous sur la prestation de votre équipe, vendredi à Clermont ? «Contrairement à ce que j'ai pu entendre ici-et-là, je ne crois pas
que nous ayons été battus dans le combat physique. Je pense plutôt que
pour la première fois de la saison, nous sommes tombés sur une équipe
qui a rivalisé avec nous sur ce terrain de l'engagement. Et là où nous
aurions pu faire la différence, je veux parler du jeu, nous n'avons pas
été à la hauteur. Du coup, ça a été un vrai match de Ligue 2, un match
qui s'est décidé dans la surface. A mes yeux, il ne faut pas aller plus
loin que cela dans l'analyse.»
Reste que ce contretemps n'est pas le premier. Le contenu du jeu
messin a montré des signes inquiétants ces dernières semaines. Comment
l'expliquer ? «A chaque fois que notre adversaire recule, nous avons du mal dans
l'élaboration de notre jeu. C'est ce qui s'est passé à Clermont, en
deuxième période notamment : ils se sont regroupés derrière et nous
nous sommes retrouvés dans la même situation que lorsque nous jouons à
domicile. Maintenant, pour expliquer que nous ne nous en sommes pas
sortis. Est-ce qu'il manque un joueur capable d'éliminer dans les
derniers mètres ? Un tueur des surfaces ? On en parle depuis le début
de saison, c'est qu'il doit y avoir une part de vérité. Mais on ne peut
pas se limiter à cela pour tout expliquer.»
L'inquiétude que l'on commence à deviner dans vos rangs ne risque-t-elle pas de se transformer rapidement en crispation ? «Je ne sais pas. Personnellement, il y a une chose qui m'a inquiété
vendredi : après l'occasion manquée par Laurent Agouazi, j'ai senti un
vrai coup de moins bien dans l'équipe. Presque comme si nous avions
encaissé un but. Peut-être qu'à force d'entendre parler de nos
occasions manquées, nous focalisons trop sur ce point. Or ce n'est pas
notre seul souci. Plus globalement, il faut rapidement que nous soyons
à nouveau capables de faire des matches pleins, comme nous avions pu le
faire à Lens ou Montpellier, d'être à 100 % dans tous les domaines, et
de souffrir ensemble. Cela n'a pas été le cas à Clermont.»
Difficile de ne pas cogiter dans ce contexte. «Forcément, mais je ne me fais pas trop de soucis quant au manque de
créativité de notre jeu. C'est sûr, l'absence de Cédric Barbosa nous
fait du mal, il fait partie des joueurs capables de donner de l'imprévu
à notre jeu. Mais il y en a d'autres, et puis Pascal Johansen ou encore
Cyril Chapuis reviennent. A nous de trouver la bonne formule. Sans
paniquer : il n'y a pas le feu non plus.»
Cette défaite en championnat n'enlève-t-elle pas un peu de charme à votre rendez-vous lyonnais, mardi en coupe de la Ligue ? «Pas du tout. Je suis content que ce match arrive. Après un échec,
cela fait toujours du bien de jouer pour évacuer la frustration. Non,
vraiment, ce match vient au bon moment. Il peut peut-être débloquer
certaines choses.»