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Si les Messins ont mieux commencé par la partie que leurs adversaires du soir, ils ont reculé au moment où Lorient retrouvait des couleurs. Les joueurs Grenats ont une nouvelle fois échoué et un manque de concentration, notamment lors du second but des Merlus, leur permet d'obtenir leur treizième défaite à domicile de la saison.

Huis clos! Non, ce Metz-Lorient n'avait rien à
voir avec la célèbre pièce de théâtre de Jean Paul Sartre, bien que, en
y regardant de plus près, on pouvait trouver des similitudes entre les
personnages de la pièce (Inès, Estelle et Garcin) et la situation du FC
Metz en cette triste fin de championnat. En effet, à l'instar des
personnages de Sartre, les Lorrains, après une saison en enfer qui les
a inexorablement ramenés en L2, pouvaient bien se demander les raisons
qui leur avaient valu une telle damnation. Et c'est dans un semi
purgatoire, celui de Saint Symphorien vidé de ses supporters, qu'ils
ont affronté les Lorientais, dans une arène atone; des supporters qui
n'auront donc pas eu à subir la treizième défaite des leurs, en dix
huit match joués à domicile! Un record!!
Deux buts encaissés, à
domicile de surcroît! Un tel bilan ne peut être satisfaisant! Malgré la
volonté affichée, les défenseurs messins ont une nouvelle fois péché
par manque d'attention. Christophe Marichez n'est
pas exempt de reproches sur le premier but breton. Sa sortie trop
courte a en effet permis à Saïfi, dans les arrêts de jeu de la première
mi-temps, d'égaliser pour ses couleurs. Pour le reste, ses
interventions sur des tentatives de Jouffre (39ème) et Saïfi (59ème et
82ème) ont été propres. Abandonné par sa défense centrale, il ne put,
malgré une belle détente, éviter le but d'Abriel à la 66ème. Eric Cubilier a
passé une soirée bien inconfortable. S'il a repoussé avec brio une
frappe de Saïfi qui prenait la direction des filets (56ème), il fut
sans cesse à la peine face à la vivacité de Le Pen sur le flanc droit
de la défense. Souffrant de douleurs dorsales, Matheus Vivian a dû quitter ses partenaires prématurément. Il fut remplacé par Delhommeau
dès la 15ème minute qui s'acquitta honorablement de sa tâche en
intervenant très à propos devant Saïfi (18ème) puis sur un centre en
retrait de ce même Saïfi à la 32ème. Malheureusement, il fut totalement
absent sur le but d'Abriel à la 66ème, qui lancé plein champ, au coeur
de la défense centrale messine, n'eut aucun mal à battre Marichez. Jeff Strasser a
livré une première mi-temps de bonne facture en contrant notamment une
frappe de Saïfi à la 25ème et en dirigeant sa défense avec autorité. De
même, sa tête à la 17ème, sur un corner de Pjanic, aurait mérité
meilleur sort. La deuxième période fut plus laborieuse pour le
Luxembourgeois; son marquage trop lâche à ainsi permis à Abriel de
s'échapper à la 66ème pour l'issue que l'on connait. Sébastien Bassong retrouvait
le flanc gauche de la défense lorraine. Sa soirée fut assez terne et
ce, malgré un apport offensif certain. Défensivement, il fut souvent en
retard devant la vivacité des attaquants bretons.
Souvent pris à
la gorge par son homologue lorientais, le milieu de terrain messin a
souffert, surtout en deuxième période, malgré quelques passages
intéressants. Julien François a fourni un travail
défensif précieux mais ses nombreuses fautes (six au total) lui ont
valu un carton jaune à la 35ème. Son apport offensif fut extrêmement
brouillon et il ne porta que trop rarement le danger dans la partie de
terrain adverse. Il fut remplacé par N'Diaye à la
72ème qui s'illustra d'emblée par une frappe trop écrasée à la 75ème et
par une superbe reprise de volée qui fut magistralement repoussée par
le gardien lorientais dans le temps additionnel du match. Bref, une
bonne rentrée pour le jeune attaquant messin, auteur d'un quadruplé la
semaine dernière en CFA. Laurent Agouazi s'est
montré appliqué dans son repositionnement défensif et il a lui aussi, à
l'image de François, souvent soulagé sa défense. S'il fut le joueur
messin par lequel le plus grand nombre de ballons sont passés (75), son
jeu offensif a été assez limité, le numéro dix lorrain se contentant
trop souvent de jouer latéralement. Sa frappe trop molle à la 50ème et
sa tête trop croisée à la 86ème n'inquiétèrent pas Audard. Cédric Barbosa s'est
lui aussi montré très timide dans l'animation offensive de son équipe
si ce n'est cette belle ouverture à destination de Gueye à la 5ème
minute. Son coup-franc de la 27ème ne constitua aucun danger pour
Audard. Pour le reste, l'ex-Troyen s'évertua à jouer assez replié (trop
certainement) et son influence sur le jeu resta très sporadique. Miralem Pjanic fut
le milieu de terrain le plus en vue, hier soir. Sa frappe de mule à la
33ème minute amena directement le but de Gueye. Auparavant, le numéro
quinze s'était déjà essayé dans cet exercice mais le ballon était allé
mourir dans les gants d'Audard (11ème). Son aisance technique lui
permit d'offrir des solutions à ses partenaires et ce, malgré un déchet
encore trop important. Il fut averti à la 60ème minute suite à une
troisième faute commise. Daniel Gygax a fourni un
non match, hier soir, face à Lorient!! Rien à signaler sur sa
prestation si ce n'est un manque d'engagement flagrant jusqu'à son
remplacement par Bessat qui dynamisa le côté gauche de l'attaque messine et tira deux fois au but, mais sans réel succès.
Une fois de plus, Yvon Pouliquen avait choisi de ne positionner qu'un seul pion en attaque, préférant densifier son milieu. Babacar Gueye se
retrouvait ainsi seul aux avants-postes et dans ce contexte plutôt
délicat, le Sénégalais s'en est plutôt bien sorti avec un cinquième but
en championnat à la clé. Il aurait même pu augmenter son capital but
mais son tir à la 5ème minute fut repoussé par Audard des deux poings
et son coup franc à la 80ème fut renvoyé par la barre transversale.
Très actif tout au long des quatre-vingt dix minutes, l'attaquant
messin a livré sa meilleure partie depuis bien longtemps.
"L'enfer,
c'est les autres" écrit Jean Paul Sartre dans Huis Clos. Force est de
constater que pour les Messins, cet adage ne s'est que partiellement
vérifié cette saison puisqu'ils ont certes été, très souvent, les
victimes de leurs adversaires mais qu'ils furent malheureusement aussi,
trop souvent, les bourreaux d'eux-mêmes. Yvon Pouliquen s'interrogeait,
à l'issue de la rencontre: "Peut-être que nous n'avons tout simplement
pas le niveau?" Manque de chance, manque de talent? Certainement un peu
des deux... Et c'est dans ce contexte très difficile, celui de terminer
au mieux une saison où tout à été négatif, que les joueurs auront
samedi prochain une dernière page à écrire contre Le Mans; une page que
personne ne lira tant elle manque d'intérêt mais qui aura, au moment de
sa rédaction, l'occasion d'apporter un soupçon d'apaisement dans les
coeurs des supporters grenats.
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