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Voilà cinq mois que les Messins n'avaient plus
gagné un match en L1, pire que cela, la dernière victoire acquise à
Saint Symphorien remontait au 27 avril, contre Le
Havre, une équipe que les Lorrains croiseront certainement dans
l'ascenseur à la fin de la saison. Et pourtant, tout n'a pas été
parfait au cours de cette rencontre, loin s'en faut!

Face à Lens,
Auxerre ou encore Rennes, il y a trois semaines, les Grenats auraient
certainement davantage mérité la victoire, vue leur prestation, que
contre Valenciennes hier soir. Mais ne faisons pas la fine bouche.
Trois points de plus dans l'escarcelle messine, par les temps qui
courent, cela n'a rien de négligeable, tant d'un point de vue comptable
que pour le moral des troupes.
Dépassée en première période dès
que les Nordistes se portaient à l'attaque des buts de Marichez, la
défense lorraine a su rectifier le tir en seconde période. Christophe Marichez a
paru moins serein qu'au cours de ses dernières sorties en championnat.
Un ballon cafouillé devant Roudet à la 12ème minute aurait pu coûter
l'ouverture de score contre les Grenats. Néanmoins, il sut s'interposer
avec autorité devant Pujol à la 59ème et surtout sur les tentatives
d'Audel et de Sebo à la 80ème. Cheikh Gueye a
semblé totalement "à la rue" défensivement durant toute la première
période. Régulièrement débordé par le remuant Audel, il s'est
heureusement repris en seconde mi-temps où ses montées sur le flanc
droit ont été plus incisives. Pascal Delhommeau a
réalisé un bon match. A son crédit, un renvoi salutaire sur un centre
d'Audel dès la 9ème minute et surtout un sacrifice de soi même
lorsqu'il s'est jeté dans les pieds de Belmadi à la 33ème, évitant
ainsi au siens un but qui semblait tout fait. Enfin, il aurait pu
ouvrir la marque à la 19ème sur un coup franc de Pjanic mais sa tête
passa à gauche des buts de Penneteau. Malik Diop s'est
montré sobre dans ses interventions comme l'atteste ce bon retour dans
les pieds d'Audel à la 48ème. Bref, un match sérieux du Sénégalais qui
semble petit à petit retrouver son niveau. Eric Cubilier,
malgré un ballon perdu à la 38ème, au profit de Pujol, a livré une
partie sérieuse et plutôt convaincante. Son apport offensif a sans
cesse crée le surnombre sur le flanc gauche de l'attaque. C'est
notamment lui qui obtient le corner qui amène le but de la victoire
messine. Il fut averti à la 76ème, sur une faute de main qui empêcha
une contre attaque valenciennoise de se développer.
Dominé dans
tous les compartiments du jeu, en première mi-temps, le milieu de
terrain messin a réussi à jouer plus simplement en seconde période... Julien François a
beaucoup ratissé davant sa défense, interceptant un nombre incalculable
de ballons. Il s'est ensuite évertué à relancer proprement. Il fut
averti à la 31ème suite à un tacle appuyé sur Mody Traoré. Cédric Barbosa a
livré une rencontre poussive. Sa première mi-temps, notamment fut
désastreuse, perdant un grand nombre de ballons et oubliant de surcroit
le marquage sur Belmadi, à la 41ème minute sur l'ouverture du score
nordiste. Comme toute l'équipe, il a su se ressaisir en deuxième
période et fut directement impliqué sur l'égalisation messine, Babacar
Gueye récupérant le ballon remonté par l'ancien Troyen. On peut
également signaler un coup franc au dessus des cages de Penneteau et un
tir dévié, tout prêt de surprendre ce même Penneteau à la 72ème minute. Inexistant
au cours de la première mi-temps, ayant du mal à s'acquitter de ses
tâches défensives et gâchant notamment un coup franc à la 36ème, Miralem Pjanic est
revenu, après la pause, avec de meilleures intentions. Portant plus
haut le ballon, il fut à l'origine des actions messines les plus
dangereuses: un tir sur le poteau à la 61ème minute sema la panique
dans les rangs des hommes de Kombouaré. C'est lui qui amène le but de
la victoire grâce à un corner bien tiré qui surprit l'infortuné
Martinez. Daniel Gygax, malgré quelques bonnes
déviations, a livré une prestation insuffisante pour un joueur de sa
classe. Manquant de mordant, de volonté, il fut cependant à l'origine
de l'égalisation de Gueye en lançant astucieusement Barbosa vers le but
valenciennois. Il fut remplacé par Agouazi, à la
70ème, qui eut l'occasion de signer sa rentrée sur une tête bien captée
par Penneteau. Deux minutes plus tard, c'est lui qui décala Barbosa sur
le tir dévié de ce dernier.
Peu en réussite durant les quarante
cinq premières minutes, le tandem Aguirre-Babacar Gueye, aligné pour la
première fois par Pouliquen, a fortement perturbé l'arrière garde
nordiste en seconde période. Wilmer Aguirre a été
très remuant tout au long de la rencontre, harcelant sans cesse la
charnière centrale Ouaddou-Martinez. Sa reprise à la 61ème minute,
consécutive au poteau de Pjanic, aurait pu récompenser les efforts du
Péruvien mais Martinez se trouvait sur la trajectoire. Il fut remplacé
par N'Diaye pour les sept dernières minutes de la partie. Babacar Gueye a
fêté sa première titularisation de la saison à Saint Symphorien avec
bonheur. Malgré une technique encore défaillante, l'avant centre
sénégalais a prouvé qu'il avait indéniablement le sens du but en
reprenant avec beaucoup d'à propos le ballon de Barbosa à la 51ème
minute. Il pesa ensuite constamment sur la défense nordiste,
constituant un danger permanent pour les coéquipiers de Ouaddou.
Douze
points: il n'en reste plus que six à prendre pour faire mieux que Lens
en 1989; plus que cinq buts à marquer pour dépasser le triste record du
Stade Français en 1967 et cinq points à glâner à domicile pour ne pas
faire aussi mal que Nîmes en 1993. Tout cela sans tenir compte des
décisions que la LFP va être amenée à prendre suite aux tristes
événements qui, hier soir, ont été le fait d'un individu isolé. Les
insultes raciales à l'encontre de Ouaddou ne sont pas sans rappeler
celles qui furent adressées il y a deux ans à l'égard de Nasser Ouadah
et qui émanaient elles aussi du même endroit de la tribune nord basse.
La deuxième victoire messine de la saison est ainsi éclipsée par le
comportement scandaleusement raciste d'un individu qui porte préjudice
à un peuple tout entier. Il y a deux ans, Ouadah avait pointé du doigt
le comportement de certains supporters messins qui gangrenaient la vie
du club. Cela lui avait valu un transfert express vers Sedan.
Aujourd'hui, les dirigeants messins se sont portés partie civile dans
cette triste affaire, signe peut-être qu'ils s'inquiètent de l'ampleur
que peut prendre le comportement de certains, avant qu'il ne déteigne
sur l'image du club et sur le football tout entier car il en va du
devoir de chacun de préserver la dignité et le respect d'un être
humain, qu'il s'agisse de Ouaddou, de Ouadah ou de n'importe quel
individu.
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