N'en déplaise aux amateurs de suspense, la montagne a finalement accouché d'une souris. Si Lyon pouvait effectivement sentir la menace bordelaise avant le coup d'envoi de son match à Auxerre
(3-1), un but de Benzema, inscrit dès la première minute de jeu, a
coupé court à toutes les tractations sur une possible redistribution
des cartes au sommet de la L1. C'est sans doute ça la force des grandes
équipes : savoir répondre présent lors des grands rendez-vous. A ce
jeu-là, l'OL fait figure d'habitué. Et ce n'est pas la faible
opposition proposée par les Bourguignons qui aurait pu l'empêcher de
continuer à réécrire l'histoire. Pour la septième fois consécutive, la
bande à Coupet est sacrée championne de France. Un record absolu sur la
scène nationale, qui ne trouve pas non plus d'égal dans les trois
autres «grands» championnats européens. C'est dire si la performance
des Rhodaniens est à souligner. Certes, ils ne seront jamais parvenus à
afficher la même solidité collective que les années précédentes, mais
cet exercice restera peut-être comme le plus prolifique de leur
histoire avec un possible doublé Championnat-Coupe de France en ligne
de mire. Bordeaux, qui n'avait de toute façon pas réussi à remplir sa part du contrat à Lens (2-2), ne peut que s'incliner.
Le nul concédé par les Bordelais à Bollaert a pour principale
conséquence d'envoyer les Sang et Or à l'étage inférieur. Les protégés
de Jean-Pierre Papin ont tout tenté pour arracher leur maintien, mais
leur fébrilité défensive, omniprésente depuis le début de la saison, a
finalement eu raison d'eux. Malgré deux buts de Monterrubio (68e s.p.)
et Maoulida (84e), les Lensois retrouveront la L2 la saison prochaine,
onze après leur dernière relégation. Une grosse désillusion pour une
formation qui luttait encore pour une place sur le podium à la même
époque l'an dernier. L'invasion de la pelouse par les supporters au
coup de sifflet final n'a fait qu'accentuer ce sentiment d'une soirée
cauchemardesque, qui aurait cependant pu se conclure par une victoire
sans une position de hors-jeu de Maoulida dans les dernières secondes
(90e+5). Qu'importe, les victoires de Paris à Sochaux (2-1, doublé de Diané) et de Toulouse contre Valenciennes
(2-1) les avaient automatiquement condamnés. Alors qu'ils n'avaient
respectivement jamais réussi à prendre les trois points à l'extérieur
et à domicile en 2008, Parisiens et Toulousains ont retrouvé le chemin
du succès au bon moment.
Une vingtaine de points plus haut, Nancy ne peut pas en dire autant. Invaincue à domicile avant la venue de Rennes,
l'ASNL a fini par craquer contre des Bretons toujours aussi séduisants
offensivement (2-3). Comme lors de l'exercice 1976-77, les Lorrains
terminent au pied du podium, juste derrière Marseille, vainqueur de Strasbourg
(4-3). Un dénouement inattendu qui récompense l'abnégation des joueurs
d'Eric Gerets. Menés 2-1 au bout de vingt minutes, les Phocéens sont
parvenus à inverser la tendance grâce à Nasri (45e+5) et Cissé (45e+3,
78e). Ils se qualifient du même coup pour le tour préliminaire de la
C1. Un beau cadeau d'adieu peut-être pour ces deux joueurs annoncés
partants en fin de saison. Le signe d'adieu fait par Nasri au public du
Vélodrome le laisse en tout cas penser. Juste derrière, Saint-Etienne a assuré sa présence en Coupe de l'UEFA après sa large victoire contre Monaco (4-0). Les Verts, emmenés par un Bafé Gomis déchaîné (deux buts, une passe décisive), profitent du faux pas de Lille à Lorient (1-1) pour retrouver l'Europe vingt-cinq ans après. Les victoires symboliques de Metz contre Le Mans (4-3) et de Nice contre Caen
(3-1) n'ont aucune incidence au classement. Elles permettent tout de
même de porter le total de buts durant cette journée à 43 réalisations.
Un record depuis l'exercice 1973/74.
- Source : L'Equipe.fr