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Bernard Serin a suivi de près, dimanche, le
sacre du Standard de Liège dans le championnat belge. Liégeois
d'adoption, le vice-président du FC Metz souhaite s'inspirer de ce
modèle d'outre-Quiévrain pour redonner des couleurs aux Grenats.
• Bernard Serin, quelles relations entretenez-vous avec le Standard de Liège ?
« Je suis naturellement un spectateur attentif de ce club.
Naturellement pour la simple raison que les hauts-fourneaux de PMI, mon
entreprise, se situent en face du stade du Standard. Les 1 200 salariés
que j'emploie supportent en grande majorité le club, sans compter que
l'un des administrateurs de la société, Louis Smal, exerce la fonction
de président des "Rouches" (rouges en patois wallon), holding
réunissant tous les clubs de supporters de Liège. Je connais donc bien
cette équipe du Standard, d'ailleurs je suis certains de ses matchs
depuis une loge de l'entreprise. »
• Étiez-vous au stade dimanche, soir du sacre ?
« Non, malheureusement je n'ai pas participé à cette grande fête. J'ai
tenté vainement de contacter des dirigeants du club, mais
l'effervescence était telle que personne ne m'a répondu. Pensez, cela
faisait 25 ans que le club attendait ce titre ! »
• La réussite du Standard peut-elle profiter
au FC Metz ? En un mot, ne pourriez-vous pas faire l'interface entre
les deux clubs ?
« Une proximité existe déjà entre nous. Chaque année, nous nous
rencontrons lors d'un match de préparation. Ce devrait être encore le
cas à l'intersaison prochaine. Ensuite, si un intérêt réciproque se
présente, en terme de recrutement, on peut aisément envisager des
transferts entre nos deux clubs. D'ailleurs, un joueur messin est
susceptible de rejoindre le Standard la saison prochaine. »
• Inutile de vous demander le nom, la taille et le poids de ce joueur ?
« (rires) En effet, c'est encore un peu trop précoce pour l'annoncer.
Mais dans le sens inverse, des éléments de l'effectif du Standard sont
susceptibles, à l'avenir, de nous rejoindre. Il peut y avoir un intérêt
pour eux de se montrer dans le championnat de France. »
• Quels points communs cultivent le FC Metz et son illustre voisin belge?
« Les deux clubs sont titulaires d'une forte identité. Liège est un
fleuron en Wallonie. Quant à l'histoire du FC Metz dans l'élite du
football français, elle n'est plus à rappeler. »
• Des différences ?
« Paradoxalement, le FC Metz, avec 23 M €, dispose d'un budget
supérieur au Standard (17 M€). Pourtant, les recettes de billetterie,
de sponsoring et de produits dérivés se révèlent plus importantes à
Liège. Ce qui fait pencher la balance de notre côté provient des
ressources issues des droits TV. Notre centre de formation est
également plus performant que celui du Standard, l'académie Robert
Louis-Dreyfus, relativement récente. »
• Sur le papier donc, la lanterne rouge de Ligue 1 se révèle supérieure au champion de Belgique...
« Oui, mais le niveau global du championnat belge est tout de même
inférieur à la Ligue 1. Leurs bons résultats s'expliquent en grande
partie par le recrutement, de qualité, mais aussi par leur enceinte. Le
stade du Standard, refait à l'occasion de l'Euro 2000, permet
d'accueillir de nombreux partenaires économiques. Ce n'est
malheureusement pas le cas à Metz. Notre club n'a pas profité de la
réfection des stades entreprise lors de la Coupe du Monde 1998. C'est
d'ailleurs depuis cette date que nous rencontrons des problèmes
sportifs. »
• Le FC Metz peut-il rêver d'un destin à la liégeoise ?
« Je l'espère. Vous savez, il y a dix ans, je m'étais rendu aux
festivités du centenaire du Standard en compagnie de Carlo Molinari. En
dépit des invités prestigieux conviés à cet anniversaire, Bruel et
Patricia Kaas pour ne citer qu'eux, la fête n'avait pas connu un franc
succès. Liège était à cette époque à la rue en championnat alors que le
FC Metz finissait vice-champion de France. Le sport est fait de hauts
et de bas. Aujourd'hui, le Standard est un exemple à suivre... »
- Propos recueillis par le journal Le Républicain Lorrain
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