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Petruzzi (FC Metz) : « Important de dire ce qui ne va pas »

 

 Mis en ligne le 23 mai 2008 / Par Florian

L'entrepreneur, démissionnaire du conseil d'administration tout en demeurant actionnaire, avoue à la fois sa tristesse et son incompréhension quant à la manière dont est géré le club grenat. Du tac au tac avec Jean-Louis Petruzzi.


• Il paraît que vous avez beaucoup de choses à dire sur le FC Metz...
« Je suis un homme discret et je ne veux pas mettre de l'huile sur le feu. »


• Parce qu'il y a le feu ?
« En tant qu'administrateur, je dis simplement ce que je pense. Je n'aime pas la langue de bois. »


• Et vous pensez quoi ?
« Qu'il y a des décisions à prendre par l'ensemble des actionnaires pour soutenir une entreprise en difficultés. »


• Votre départ du conseil d'administration est-ce un coup de force ou un... faux départ ?
« Ni l'un, ni l'autre, mais il est important de dire ce qui ne va pas. »


• Mais pourquoi s'en aller ?
« Je suis un entrepreneur que l'on a appelé pour entreprendre. Je ne peux pas mettre en œuvre des moyens que l'on ne me donne pas. »


• Etes-vous inquiet ?
« Beaucoup de choses me lient historiquement au FC Metz, je suis lorrain, j'aime ce club. Nous venons de vivre la troisième relégation en peu d'années... »


• Urgence financière ?
« Les droits TV sont énormes. On passe de 15-16 millions à 7. Il est urgent de ne plus faire l'ascenseur. »


• Qui peut trouver la solution ?
« On a intérêt à faire appel à un professionnel de la restructuration de l'entreprise. C'est un vrai problème. »


• Vendre des joueurs pour combler le déficit est-ce une bonne méthode ?
« En tant qu'entrepreneur, je ne comprends pas que l'on vende les actifs pour mettre d'équerre les comptes. Et les joueurs sont les actifs ! Il faut recapitaliser autrement. Tout le monde a compris depuis longtemps que l'on agissait ainsi. Dommage. »


• Tout n'est quand même pas à jeter dans ce FC Metz !
« Non, la formation est une base excellente. Elle est la première richesse du club. Il y a aussi ce public de connaisseurs qui vient en nombre au stade. »


• En parlant de stade, la construction d'une autre enceinte vous séduit-elle ?
« Il faut mettre en face les moyens. Or, ce n'est pas le cas. Il n'y a pas que le grand stade. Travaillons sur un plan d'ensemble, stade, équipe, économie. »

• Vous prétendez, au FC Metz, qu'il y a peu de conseils d'administration, pas d'ordre du jour... Vrai ?
« On se voit demain (aujourd'hui). J'ai été entendu ! Sinon, cela a marché comme ça pendant trente-cinq ans, tout le monde était content. Désormais, le milieu du foot a évolué. Il tient plus du privé que de l'association. Ce n'est pas un homme seul qui peut se bagarrer dans ce contexte. »

• Etes-vous le leader de la contestation ?
« Non, je ne suis pas le FC Metz à moi tout seul ! Peut-être que les autres ne se sont pas exprimés. C'est comme lors du départ de Francis De Taddeo. Certains n'ont pas assumé leurs responsabilités. »


• Mais que peut apporter Jean-Louis Petruzzi ? De l'argent ?
« Oui. J'ai déjà investi, de l'argent de mon travail. Les finances, dans un club, ne sont pas tout. Il y a des problèmes de management, de coaching. Des problémes humains à régler. »


• Vous visez le président Carlo Molinari ?
« Le FC Metz est un patrimoine qui mérite que l'on s'occupe de lui. J'ai proposé d'aider Carlo Molinari dans ce virage difficile à prendre. Il le sait. »


• Ce matin, on lave son linge sale en famille lors de ce conseil d'administration ?
« C'est plutôt une réunion d'actionnaires... »


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